Jeudi 15 janvier 2009

J'ai déjà parlé de l'argent des radars sur ce blog. Le député UMP Hervé Mariton confirme ce que je dénonçais. L'argent des radars ne sert pas, contrairement à ce qui avait été annoncé, à améliorer la sécurité sur les routes. Interrogé sur LCI.fr, il annonce son intention de s'attaquer à cette épineux dossiers. En 2008, explique-t-il, sur 450 M€  "récoltés" par les radars, seuls 200 M€ ont servi a des opérations de sécurité routière. Question : où sont passés les 250 M€ ? C'est ce qu'il a l'intention de savoir, le député. On attend ses conclusions avec impatience.  

Voici l'extrait de l'interview que l'on peut lire ici http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,4225339,00-ou-va-l-argent-des-radars-.html

LCI.fr : Pourquoi avez-vous décidé de vous attaquer à l'utilisation faite des recettes des radars automatiques ?
Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, rapporteur spécial du budget des Transports à l'Assemblée nationale : Je suis les questions de sécurité routière depuis plusieurs années .Et j'ai toujours pensé que cette politique des radars devait être à la fois efficace - et les résultats sont là-, et juste. Si on veut qu'ils acceptent les sanctions, les citoyens doivent avoir la garantie que les pénalités impliquées par les radars automatiques ne sont pas là pour remplir les caisses de l'Etat mais pour améliorer la Sécurité routière.
J'avais obtenu en son temps de Jean-Pierre Raffarin une procédure budgétaire spéciale pour tuyauter cet argent des radars vers la Sécurité routière. Il existait un suivi très pointilleux et précieux de cet argent. Mais au fil du temps les choses se sont dégradées et, aujourd'hui, plus de la moitié de l'argent récolté va aux communes, aux départements ou à d'autres dépenses d'infrastructures de l'Etat qui n'ont qu'un lien très lointain voire aucun lien avec la Sécurité routière. Si on prend l'année 2008, sur les 450 millions d'euros qu'ont rapporté les radars, seuls 200 millions ont été consacrés à la Sécurité routière. Ce n'est pas acceptable. Il faut plus de transparence. 
 
LCI.fr : Concrètement, comment allez-vous vous y prendre pour faire votre rapport ?
H.M. : Je vais me rendre au centre de Rennes qui gère le dispositif des radars automatiques pour poser un certain nombre de questions sur l'efficacité du système. Par exemple, il faut voir comment ne pas poursuivre l'explosion actuelle, de plus de 70% quand même, du coût de maintenance des radars. Je verrai également, auprès des responsables opérationnels et du ministère, comment faire pour que l'argent des radars aille bien à la sécurité routière.  II faut enfin que le système d'infraction soit plus juste. Aujourd'hui, près de la moitié des 14 millions de messages d'infraction reçus à Rennes sont inexploités parce que la photo n'est pas bonne ou parce que le conducteur est étranger. Il faut améliorer cela. 
 
LCI.fr :  Quel est votre calendrier ?
H.M. : Je vais faire mes premières démarches au centre de Rennes en mars et je compte rendre mon rapport avant l'été. Il sera remis à la commission des Finances et j'espère que d'ici la rentrée 2009, le gouvernement en aura tiré les conséquences en vue de la préparation du budget 2010.

Par katjusha
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Mardi 6 janvier 2009
On a franchement envie de rire. De se tenir les côtelettes. De s'esclaffer. Après le préfet de région, c'est un ministre (Hubert Falco) puis désormais le nouveau sous-préfet (bienvenue à lui, on ne lui en veut pas, son rôle est difficile) qui nous l'assurent : la RN2 redevient prioritaire pour l'Etat. D'ailleurs, elle fait même partie du fameux grand plan de relance sarkozien, notre nationale. Rien que ça. Enfin, faut pas pousser. L'Etat affirme - avec lui, mieux vaut attendre de voir pour croire - que non, les ponts n'auront pas poussé pour rien, que désormais, ils seront reliés par des routes (!) et que, oui, il va financer la RN2 comme prévu. Ah oui, mais juste entre Louvroil et Beaufort ! Après ? Bah, après... faut pas non plus trop en demander à un Etat aux caisses vides ! En gros, la bonne résolution du gouvernement, c'est de faire croire qu'il va mettre le paquet, alors qu'il ne va financer qu'un minuscule tronçon, qui, de surcroît, était programmé depuis belle lurette. Heureusement que les promesses n'engagent que ceux qui y croit... En 2009, le grand cirque continue, et les automobilistes patientent.
Par katjusha
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Vendredi 21 novembre 2008

Le nouveau préfet de région Nord - Pas-de-Calais, Jean-Michel Bérard, était en Sambre-Avesnois hier après-midi. Interpellé par Alain Poyart, maire d'Avesnes/Helpe, sur le dossier de la RN2, il a, selon le compte-rendu qu'en donne la Voix du Nord, indiqué : «  Ce dossier est au premier rang de nos préoccupations », sans nier les contraintes financières de l'Etat ajoute le journal.

Aïe. C'est le discours que les représentants successifs de l'Etat sur le territoire ressortent invariablement.  Or, la RN2 n'a pas besoin de ce ton compassionnel et préoccupé. C'est comme si un docteur, face à un malade, se contentait d'acquiescer, sur un ton bienveillant, "oui, vous êtes bien malade". Ca, on le sait, merci. La RN2 a besoin - je caricature - d'une signature en bas d'un chèque. Mais ça, l'Etat ne sait plus faire, fait de moins en moins et, si l'on en croit les discours, ne fera bientôt presque plus.

Déjà, les financements sont croisés. Autrement dit, l'Etat est nettement minoritaire dans le tour de table financier pour le tronçon Louvroil - Beaufort. Alors même qu'il s'agit d'une nationale, la Région et le Département mettent la plus grosse part du gâteau. Finalement, pourquoi diable l'Etat a-t-il conservé la RN2 dans son giron au moment de la départementalisation d'une grande partie des routes nationales, en 2006 ? Parce que finalement, l'Etat prescripteur n'est que très peu l'Etat payeur.

Autre inconvenient, l'Etat est désincarné pour le citoyen : des sous-préfets qui tournent tous les deux, trois ans, des députés impuissants (ils votent les lois, ils ne décident pas des routes à construire)... L'avantage d'une départementalisation de la RN2 aurait été cette proximité avec l'instance décisionnelle (les conseils généraux du Nord et de l'Aisne, en l'occurrence). Bien sûr, financièrement, ces deux instances n'auraient pu boucler le financement Maubeuge - Laon dans un avenir proche. Mais je suis persuadé qu'ils auraient fait autre chose qu'invariablement rappeler leur "préoccupation" sur le dossier.

Ce qui est le plus préoccupant,  pour la RN 2, c'est l'inertie de l'Etat.

Par katjusha
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Jeudi 30 octobre 2008

La députée de la Sambre, Christine Marin (UMP), prévient dans La Voix du Nord qu'elle risque de "choquer". Elle aussi, serait au chevet de la RN 2. Sauf que sa solution à elle, qui serait dans les cartons à Matignon (Fillon s'intéresse à notre nationale ? On veut y croire...) n'est pas vraiment l'option que les usagers Maubeuge - Laon - Paris peuvent espérer. L'axe économique important, selon la députée, c'est de relier la Sambre au Havre, grand port français. Donc, de faire une quatre voies jusqu'à La Capelle, tout au nord de l'Aisne, et de faire une quatre voies jusqu'à Saint-Quentin où là, on récupère l'actuelle autoroute A 29.
Sur le papier, pourquoi pas, une liaison vers Le Havre. Sauf que j'y vois quelques objections importantes.
1/ D'abord, la plupart du frêt maritime du Val de Sambre vient des deux plus gros ports européens : Rotterdam (9,3 millions équivalent/conteneurs par an) et d'Anvers (6,1 millions équivalent/conteneurs par an). Donc, l'intérêt de renforcer une liaison vers le Havre (2,1 millions équivalent/conteneurs par an)  ne me semble pas d'une grande pertinence.
2/ Ensuite, on peut déjà aller à Saint-Quentin par une quatre voies... Il suffit de prendre Valenciennes, Cambrai... Mieux, c'est plus court ! Maubeuge - Le Havre Antifer (le port pétrolier), c'est actuellement 336 km. Par La Capelle et Saint-Quentin, c'est 350 km !
3/ Tertio, de La Capelle à Saint-Quentin, la route... est devenue départementale depuis que l'Etat a décidé de la rétrocéder au Conseil général de l'Aisne. L'Etat ne considère donc pas cette route comme "structurante".  Elle s'appelle désormais la départementale 1029. Ou alors, Matignon va demandé à la SANEF de refaire le coup de l'A29 Amiens-Saint-Quentin ? A l'époque, j'avais suivi le dossier, les pontes de la SANEF se sont fait tirer l'oreille : pas rentable, cette petite autoroute. Au point qu'il avait même été envisagé de faire une deux fois une voie sur certains passages. Une chose est sûr, le trafic n'est pas suffisant pour être rentable.

Le tracé dont parle Christine Marin n'a donc, à mes yeux, et pour les quelques arguments développés, absolument aucun sens.

Par katjusha
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Samedi 25 octobre 2008
Les deux députés PS Jean-Luc Pérat (Avesnes/Helpe) et Jean-Pierre Balligand (Vervins) ont tenu une conférence de presse pour annoncer leur intention de monter au créneau sur le dossier de la RN2. Ils lancent même un appel à la "mobilisation générale", estimant qu'il existe une bonne occasion de faire avancer la mise à quatre voies.
En substance, les deux élus ont expliqué que, à la suite de l'adoption de la loi sur le Grenelle de l'environnement, une partie des projets autoroutiers sont gelés, notamment celui de l'A 24 (Paris - Nord via Amiens, projet qui avait été avancé du temps où Gilles De Robien, ministre des Transports, était encore maire d'Amiens...).  Du plomb dans l'aile, l'A24 en avait déjà de toute façon, face à une très grosse opposition un peu partout sur le tracé, notamment dans les Flandres. Déjà à l'époque, les élus concernés par la RN 2 avaient voté des motions pour alerter l'Etat sur l'option RN 2. Quitte à désengorger l'A1 (l'actuelle Paris - Lille), autant en profiter pour faire de l'aménagement du territoire en doublant la RN 2. Mais entre le bon sens d'un côté et un ministre alors influent de l'autre, l'Etat a, comme d'habitude, tranché en faveur du second. Les motions et autres appels au bon sens sont, comme d'habitude, restés dans un tiroir.
Jean-Luc Pérat et Jean-Pierre Balligand relancent donc, et c'est louable, l'idée du doublement de la RN2 en lieu et place de l'A 24. Parallèlement, la chambre de commerce d'Avesnes/Helpe va lancer, avec l'association de promotion de la RN 2, une étude "prospective" sur l'aménagement routier. Bref, une fois encore, tout le monde semble vouloir tirer dans le même sens. Parfois, ça peut fonctionner. J'ai suivi, comme journaliste, l'efficace lobbying de Jean-Pierre Balligand pour obtenir de l'Etat les fonds nécessaires à l'amélioration de la RN 2 entre Laon et Paris. On peut dire aujourd'hui, moins de dix ans après son intervention, qu'il y est parvenu. Ca n'a pas été simple, mais le résultat est là. En revanche, pour la partie Nord...
Les deux députés ont évoqué, dans leur rencontre avec la presse, la nécessité de faire preuve d'astuce dans les propositions. Les caisses étant vides (pour la RN2, pas pour les banques...) il est probable que l'Etat, qui a pourtant souhaité conserver la RN2 dans son giron plutôt que de la décentraliser, comme d'autres, ne mettra pas grand chose dans la balance.
A suivre, donc.
Par katjusha
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