Les deux députés PS Jean-Luc Pérat (Avesnes/Helpe) et Jean-Pierre Balligand (Vervins) ont tenu une conférence de presse pour annoncer leur intention de monter au créneau sur le dossier de la RN2.
Ils lancent même un appel à la "mobilisation générale", estimant qu'il existe une bonne occasion de faire avancer la mise à quatre voies.
En substance, les deux élus ont expliqué que, à la suite de l'adoption de la loi sur le Grenelle de l'environnement, une partie des projets autoroutiers sont gelés, notamment celui de l'A 24 (Paris
- Nord via Amiens, projet qui avait été avancé du temps où Gilles De Robien, ministre des Transports, était encore maire d'Amiens...). Du plomb dans l'aile, l'A24 en avait déjà de toute
façon, face à une très grosse opposition un peu partout sur le tracé, notamment dans les Flandres. Déjà à l'époque, les élus concernés par la RN 2 avaient voté des motions pour alerter l'Etat sur
l'option RN 2. Quitte à désengorger l'A1 (l'actuelle Paris - Lille), autant en profiter pour faire de l'aménagement du territoire en doublant la RN 2. Mais entre le bon sens d'un côté et un
ministre alors influent de l'autre, l'Etat a, comme d'habitude, tranché en faveur du second. Les motions et autres appels au bon sens sont, comme d'habitude, restés dans un tiroir.
Jean-Luc Pérat et Jean-Pierre Balligand relancent donc, et c'est louable, l'idée du doublement de la RN2 en lieu et place de l'A 24. Parallèlement, la chambre de commerce d'Avesnes/Helpe va lancer,
avec l'association de promotion de la RN 2, une étude "prospective" sur l'aménagement routier. Bref, une fois encore, tout le monde semble vouloir tirer dans le même sens. Parfois, ça peut
fonctionner. J'ai suivi, comme journaliste, l'efficace lobbying de Jean-Pierre Balligand pour obtenir de l'Etat les fonds nécessaires à l'amélioration de la RN 2 entre Laon et Paris. On peut dire
aujourd'hui, moins de dix ans après son intervention, qu'il y est parvenu. Ca n'a pas été simple, mais le résultat est là. En revanche, pour la partie Nord...
Les deux députés ont évoqué, dans leur rencontre avec la presse, la nécessité de faire preuve d'astuce dans les propositions. Les caisses étant vides (pour la RN2, pas pour les banques...) il est
probable que l'Etat, qui a pourtant souhaité conserver la RN2 dans son giron plutôt que de la décentraliser, comme d'autres, ne mettra pas grand chose dans la balance.
A suivre, donc.